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La Gitane vêtue de sa robe aux cinq poches

Il était une fois, au fin fond de l’Espagne, un village entre montagne et mer, y vivait une Gitane aux mains caressantes comme les branches d’un figuier ancien chargés de fruits murs. 

Personne ne savait d’où elle venait, elle habitait là dans sa maison aux multiples couleurs avec son cheval au regard aussi doux que le crépuscule. Chacun la connaissait.

Au coucher du soleil, il se passait un phénomène particulier : lorsque les ombres du soir s’allongeaient et que les secrets se faisaient lourds à porter, les habitants venaient la voir.

En réalité, ce n’est pas à la Gitane qu’ils rendaient visite, pour qui était attentif, il pouvait apercevoir les habitants chuchoter au tissu de sa robe,  murmurer à l’étoffe,  glisser leurs mains dans le pli du tissu pour déposer enfin dans le creux d’une des poches quelque chose : 

La première poche était rouge comme la braise, celle ci était faite pour déposer la colère

La deuxième, bleue comme l’océan, recueillait la tristesse

La troisième, dorée comme les blés murs, gardait la joie

La quatrième, noire comme la nuit sans lune, avalait les peurs

La cinquième poche, blanche comme les premières lueurs de l’aube, accueillait les rêves en devenir, ceux qui n’attendent qu’un peu de lumière pour s’épanouir, ceux qui ont besoin d’espace pour grandir

Un soir, une jeune fille se présenta devant la demeure de la Gitane, les mains tremblantes. Elle tenait contre son cœur un petit sac de toile, gonflé de chagrins qu’elle n’avait jamais osé dire. La Gitane, sans un mot, lui désigna la poche bleue. La jeune fille y glissa son fardeau, et sentit aussitôt un souffle léger lui effleurer l’épaule, comme si le vent avait emporté ce qu’elle ne pouvait plus porter.

La Gitane avait un secret, chaque nuit elle vidait méticuleusement toutes les poches de sa robe dans un grand feu sacré. Les flammes transformaient les souffrances en étincelles, celles-ci s’envolaient vers le ciel pour devenir des étoiles. Ainsi, chaque douleur, chaque peur, chaque joie, chaque rêve finissait par briller, quelque part, dans l’immensité de la nuit.

Aujourd’hui encore, par nuit de clarté, il suffit de lever les yeux au ciel pour y voir briller les étoiles les plus vives, elles sont toutes des confidences transformées. Les peines, les joies, les peurs et les rêves glissés par des mains tremblantes, un soir, dans les poches de la Gitane, après avoir marché jusqu’à sa porte. 

Expérience à vivre :  Se munir de quelques feuilles de papier, un stylo et… un moment de calme.

S’il y avait à glisser quelque chose dans une des poches ….

Quelque chose pesant en ce moment, en  le décrivant dans le plus de détail possible.

Ecrire sans filtrer : Où se loge l’émotion correspondante dans le corps : Un noeud à l’estomac, une pression derrière les yeux ? 

S’il y avait couleur, une texture, laquelle serait-elle ? 

Y’a t’il une image  qui y est associée ? 

Continuer jusqu’à « épuisement » des mots

Merci à Anne Dindar pour 

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