
Quelques éléments de théorie Gestaltiste
Dans la mallete du thérapeute Gestaltiste qu’y a t’il ? Il travaille avec 3 éléments fondamentaux : Le contact – Le self – La frontière contact
D’autres dimensions interviennent dans la pratique du thérapeute Gestalt, cependant arrêtons-nous ici sur celles qui en constituent le coeur.
Les mots pour le dire, arrivent-ils aisément pour expliquer ce qui a été conçu le plus clairement (possible) par nos pairs fondateurs gestaltiste dans les années 50.
Démarrons avec le premier élément : le contact.
Le besoin de se réaliser passe par le contact. Contact avec le monde, avec les autres et grâce à ce contact la personne humaine tire de son environnement ce qui est nécessaire et indispensable à sa croissance tant sur le plan biologique (aliments…), que psychologique (relation aux autres…). Contact avec soi-même, avec la nécessité de savoir se retirer en soi pour digérer, au sens propre comme au figuré, l’expérience vécue.
La Gestalt va permettre à la personne d’observer comment elle rentre (ou non) en contact avec son environnement, c’est ce que Paul Goodmann nomme le self (le déploiement du self, comment le contact se déroule), voilà l’apparition du deuxième élément fondamental.
Le cycle du contact découle de l’approche du self comme un processus dans le mouvement de chaque instant. Le self n’est pas une chose fixe, c’est une manière d’advenir, instant après instant, dans la relation partagée avec l’environnement.
un cycle de satisfaction des besoins. Ce processus décrit l’émergence d’un besoin, son développement, sa satisfaction, puis sa disparition pour laisser place à l’émergence d’un autre besoin et ouvrir un nouveau cycle du contact.
Fritz Perls et Paul Goodmann ont découpé ce cycle du contact en 4 étapes principales :
Le pré-contact : phase d’émergence du besoin, la prise de contact : sa mise en oeuvre pour la réalisation, mobilisation du corps, le plein contact : Période d’accomplissement avec la finalité de nourrir le besoin, le post contact : phase de retrait et d’assimilation.
Le sujet se trouve désormais dans une phase ouverte et disponible, prêt à accueillir un nouveau cycle de satisfaction de ses besoins, avec un espace « vide fertile » et propice à l’émergence, sans enchaîner avec rapidité sans avoir « digéré » le cycle précédent. C’est l’assimilation de l’expérience.
Le self est un processus correspondant à la manière personnelle de chacun pour entrer en contact avec l’environnement pour satisfaire ses besoins.
Pour que le contact se réalise de manière satisfaisante, il est indispensable que la personne connaisse ses propres limites (corps, sentiments, sensations…) et qu’elle puisse considérer l’autre (l’altérité, le sujet), l’objet avec qui ou quoi elle désire entrer en contact comme une entité séparée d’elle, avec une présence à l’ici et maintenant.
La peau & la frontière contact, voici le troisième élément fondamental.
« l’étude de la manière dont l’être humain fonctionne dans son environnement est l’observation de ce qui se passe à la frontière-contact » entre l’individu et son environnement.
C’est à cette frontière que les évènements psychologiques prennent place. Cette frontière où se situe l’expérience ne sépare pas l’organisme de l’environnement : elle limite l’organisme, le contient et le protège. En même temps, cette frontière touche l’environnement, la peau par exemple, n’est pas tant une partie de l’organisme qu’essentiellement l’organe d’une relation particulière entre l’organisme et son environnement » Fritz Perls, The Gestalt approach
Boileau, Art poétique, Chant I, v. 147-207